Île-Dorval : l’histoire haute en couleur d’une île peu connue
Sign in to add photos, videos, links, corrections, or to follow this file.
Thursday, July 14, 2011
Avant la venue des Français en Nouvelle-France, l’île Dorval est habitée par les Amérindiens. Même s’il n’existe aucun registre officiel, les indices archéologiques de la région indiquent que l’île, alors appelée l’île de la Paix, était utilisée lors des fêtes traditionnelles et rites de passage. D’ailleurs, plusieurs rapports archéologiques ont été écrits concernant le potentiel historique de l’île, mais aucune fouille n’a été autorisée jusqu'à maintenant.
Sous le Régime français, l’île Dorval et ses deux petites voisines sont baptisées les îles Courcelles en l’honneur du gouverneur de la Nouvelle-France. Lors d’un échange de terres dans les années 1660, les Sulpiciens en deviennent propriétaires. On demande alors au sulpicien François de Salignac de la Mothe-Fénélon d’établir une mission amérindienne sur la plus grande des îles, sans succès.
Le matin du 5 août 1689, c’est le « le massacre de Lachine ». La colonie est attaquée par les Iroquois qui, selon plusieurs historiens, auraient utilisé l’île Dorval comme point de départ pour lancer l’offensive.
En 1691, Jean Bouchard sieur Dorval prend possession des terres autour du lac Saint-Louis et des trois îles qu’il nomme : île Dorval (la plus grande), île Dixie (la moyenne) et île Bushy (la plus petite).
Un siècle plus tard, l’île Dorval est vendue à un agriculteur de la région, Antoine Meloche. On y chasse « la sauvagine » c’est-à-dire les oiseaux aquatiques en plus d’y faire l’agriculture et d’y couper du bois. L’île sert également de point de repos pour les coureurs des bois qui célèbrent leur départ de Lachine. Ils y passent la première journée de leur périple à cuver leur boisson!
Ce n’est qu’au XIXe siècle que l’île voit ses premières constructions, et pas n’importe laquelle. Lord George Simpson, alors gouverneur de La Compagnie de la Baie d’Hudson, y construit son manoir d’été en 1854. Le domaine est immense et doté d’un magnifique verger au nord-est de l’île. Lord Simpson loue certains bâtiments au général Fenwick Williams, commandant en chef des forces britanniques en Amérique du Nord.
En août 1860, le Prince de Galles (futur roi Édouard VII) visite le Canada pour inaugurer le pont Victoria, considéré à l’époque comme la huitième merveille du monde. Lors de ce même voyage à Montréal, le Prince visite l'île Dorval, à l’invitation de Lord Simpson.
À la fin du XIXe siècle, la succession d’Antoine Meloche reprend possession de l’île Dorval après une décision de la Cour Suprême du Canada. La famille Meloche fait invalider la vente de l’île à George Simpson, utilisant un article de loi du vieux droit français stipulant que les terres peuvent seulement être vendues à des membres de la famille.
En 1911, les Meloche vendent l’île à un homme d’affaires, Samuel Carsley. Il développe un projet domiciliaire de villégiature qui verra le jour principalement dans les années 1920 et 1930. Il avait également un projet de transformer l’île Dorval en « pleasure park », mais les citoyens de la rive montréalaise s’y opposent.
En 1915, l’île Dorval devient une municipalité à part entière. En 2002, la Ville de L'Île-Dorval se fusionne à la Ville de Montréal, devenant une partie de l’arrondissement de Dorval. Lors du référendum de 2004 les résidents votent pour de redevenir indépendante. La Ville de L'Île-Dorval est la plus petite municipalité au Canada avec ses 58 résidences estivales et sa population officielle s’établissant, selon le recensement de 2006, à … 0 habitant.
Merci à Michael Hayes, résident de L'Île-Dorval et conseiller municipal de la Ville de L'Île-Dorval, Alain Jarry, de la Société historique de Dorval, Hélène Lamarche de la Société historique de Lachine et le Musée McCord pour les informations historiques.















POST A COMMENT