L'Île-Dorval, le secret le mieux gardé en ville
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Wednesday, July 13, 2011
Texte et photos: Mariève Paradis
Au bout de l’avenue Dorval, un quai de bois fait le guet. Un petit bateau s’approche. Il faut être invité par un résident de L'Île-Dorval pour y grimper.
De l’autre côté, il y a 58 résidences, mais selon le dernier recensement en 2006... aucun résident permanent! Mais si les habitants saisonniers de ce havre de tranquillité ont tous une résidence principale à l'extérieur de l'île, ils tiennent mordicus à leur indépendance. Défusionnée en 2004, la plus petite ville au Canada a une mairesse et six conseillers, et garde le plein contrôle sur les règlements qui régissent l’île.
À L'Île-Dorval, le temps semble s'être arrêté dans les années 1920, comme en font foi les maisons de campagne avec de grandes vérandas, les jardins anglais, les petites clôtures de bois et les portails couverts de vignes. Sans oublier l’absence de voiture et de commerces.

Les résidents de cette petite ville roulent en vélo, en tri-porteur, ou utilisent la voiturette de golf municipale. Une seule camionnette a droit de passage sur l’île, celle qui ramasse les ordures et qui doit prendre un traversier pour les décharger sur la terre ferme.

L'Île-Dorval fascine. « Les gens croient que l’île appartient à quelques richissimes. Pourtant, deux chalets sont à vendre cette année », dit M. Hayes.
Clément Villeneuve est capitaine du traversier. Il fait la navette entre la terre ferme et l’île jusqu’à 15 fois par jour. « J’y travaille depuis 27 ans. Cette île est une grosse partie de ma vie. J’ai trouvé un emploi ici parce que mon beau-père y travaillait », explique le capitaine.
Il constate aussi que les habitants de l’île ont changé dans les dernières années. « Lorsque j’ai commencé, il y avait une majorité d’anglophones. Maintenant, je dirais que c’est plutôt un ratio en parts égales. Tout le monde se connaît ici. Je connais les enfants et les petits-enfants des propriétaires, qui deviennent souvent propriétaires à leur tour. C’est une vie de famille. »
Un territoire public plus ou moins accessible
Selon la Loi sur les cités et les villes, tout territoire désigné comme une municipalité doit être accessible à tous les citoyens québécois. Or, la Ville de L'Île-Dorval ne possède pas les installations publiques pour recevoir des visiteurs. « Nous n’avons pas de toilettes publiques, ni même un accès public à l’eau potable hormis la borne-fontaine! », lance Michael Hayes.

Les résidents devaient même apporter leur eau potable avant que le gouvernement provincial oblige le démantèlement de l’usine de traitement des eaux et le branchement à l’aqueduc de Dorval. « Personne ne vit à l’année ici. L’île est complètement fermée de l'Action de grâce à avril. Il semble qu’une jeune femme et son jeune bébé aient passé l’hiver à l’île dans les années 1980, mais l’approvisionnement en eau est désormais trop difficile pendant la saison froide », explique le conseiller.
Comme le traversier est privé, l’île garde un certain contrôle sur les allées et venues et visiteurs. « On peut ainsi garder l’endroit tranquille et surtout respecter l’esprit de sa vocation établie en 1915 : la villégiature », précise M. Hayes.
« Comme capitaine – il y en a 3 qui travaillent pour L'Île-Dorval – on contrôle qui arrive sur l’île », dit Clément Villeneuve. « Si on ne vous connaît pas ou que vous n’êtes pas invité, on ne vous traversera pas à l’île. »
Donc, rien ne sert de se rendre au quai de bois du bout de l’avenue Dorval. Pour l’instant, on ne peut que rêver en regardant les maisons à vendre sur le blogue de l’Ile-Dorval.
Une île où il n'y a aucune voiture en pleine région métropolitaine, est-ce possible? Seulement accessible par bateau, l'île Dorval est à découvrir.







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